Karst attack dans le 70

Le relief karstique en Haute-Saône

Située entre les premiers contreforts des Vosges, le plateau de Langres et le massif du Jura, la Haute-Saône offre une variété de paysages qui l’ont fait surnommer l’île verte.

La géologie haut-saônoise est le reflet de cette diversité : on passe en moins d’une centaine de kilomètres du socle cristallin des ballons d’Alsace et de Servance à la plaine alluviale de Gray. Si les plateaux calcaires sont essentiellement des formations secondaires (calcaires du Trias et du Jurassique moyen), on trouve par endroit des calcaires primaires (marbre du massif de Chagey) et des formations plus récentes. En quelques millions d’années, l’eau a érodé les calcaires haut-saônois et créé le karst que l’on connaît aujourd’hui, karst dont les porches, avens, dollines, pertes et résurgences sont des signes visibles en surface.

On reconnait trois ensembles karstiques principaux : les plateaux de la Saône au Nord Ouest de la Saône, les plateaux de Vesoul et les Monts de Gy entre Saône et Ognon, et les terrains du Jurassique moyen à l’Est de l’Ognon.

Les cavités haut-saônoises sont le reflet de cette variété : malgré les faibles profondeurs atteintes (la Grotte de Captiot culmine à 93 m de profondeur), la Haute Saône abrite des avens imposants (Gouffre de Rougeterre), de longues rivières souterraines (Réseau du Chaland, Réseau du ruisseau de l’Etang), de nombreuses pertes et résurgences (Gouffre de la Baume de Trésilley, Grotte de la Baume de Scey sur Saône, Source du Planey, Grotte de Solborde) et des siphons qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets (Font de Champdamoy, Frais Puits). Ces cavités hébergent de nombreux cavernicoles dont les chauves souris sont les représentants les plus connus.

Elles permettent également, avec un minimum d’entraînement, de découvrir, au sein des clubs du département, le milieu souterrain en toute sécurité.

Il faut également noter l’existence de nombreuses mines (charbon, fer, gypse…) à l’Est du département qui, bien qu’aucun groupe spéléo ne s’y intéresse spécifiquement, abritent d’importantes richesses minéralogiques.

 

Les découvertes spéléologiques en Haute-Saône

Les premières incursions souterraines en Haute-Saône ont commencé vers le début du 19e siècle.

En 1827, le géologue E. THIRRIA pénètre sous les porches les plus réputés du département et signale la présence d’importants gisements paléontologiques et préhistoriques, et publie, en 1833, les statistiques de la Haute Saône. A la suite de ces découvertes, de fructueuses campagnes de fouilles seront organisées dans de nombreuses grottes du département. Plus tard, le Professeur Eugène Fournier, précurseur de la spéléologie moderne en Franche-Comté, étudiera l’hydrologie et la karstologie de la Haute-Saône.